Monsieur le Président,
Nous vous informons que les élus de la délégation CGT ne participeront pas à la séance du CSE de ce jour.
Les 13 recommandations visant notre régime spécifique et le Statut national du personnel des Industries Électriques et Gazières constituent une attaque frontale contre les salariés des IEG. Elles remettent en cause des droits acquis de haute lutte, un modèle social qui a fait ses preuves et l'attractivité même de nos entreprises.
Le Statut national n'est pas un privilège. Il est le socle de nos garanties collectives, la reconnaissance de nos contraintes de service public et l'un des fondements de la performance industrielle d'EDF.
S'y attaquer, c'est fragiliser les salariés, affaiblir l'entreprise et mettre en péril sa capacité à attirer et fidéliser les compétences dont elle a besoin.
Dans ce contexte, nous constatons avec colère l'absence de prise de position claire et publique du Président-Directeur Général d'EDF. Alors que les salariés se mobilisent pour défendre l'avenir de leur entreprise et de leur statut, le silence de la Direction générale est incompréhensible et inacceptable.
Les agents attendent des actes et des engagements, pas des silences ni des ambiguïtés. Le moment exige que chacun prenne ses responsabilités.
Notre refus de siéger aujourd'hui est un acte de protestation assumé. Nous refusons de faire comme si la situation était normale alors qu'une remise en cause historique de nos droits est à l'œuvre. Nous refusons également que les instances représentatives du personnel continuent à fonctionner dans un cadre habituel alors que les inquiétudes et la colère des salariés grandissent chaque jour.
Au-delà des prises de position attendues de la Direction d'EDF, nous exigeons que le Premier ministre reçoive sans délai l'intersyndicale des Industries Électriques et Gazières. La gravité de la situation impose une réponse politique au plus haut niveau de l'État.
Les salariés des IEG ne peuvent accepter que leur avenir, leur régime de protection sociale et leur statut soient remis en cause sur la base de recommandations élaborées sans concertation avec les premiers concernés. Nous demandons le retrait pur et simple de cette injonction et l'ouverture immédiate d'un véritable dialogue avec les organisations syndicales représentatives.
Tant que ces revendications légitimes resteront sans réponse, la mobilisation des salariés ne pourra que se poursuivre et se renforcer.
Nous vous demandons de porter sans détour ce message auprès de la Direction de l'entreprise et des pouvoirs publics : les salariés des IEG n'accepteront pas le démantèlement de leur statut dans le silence ou l'indifférence.
La CGT n'acceptera ni le silence de la Direction, ni l'absence de réponse du Gouvernement. Nous exigeons une prise de position publique du PDG d'EDF, la réception immédiate de l'intersyndicale par le Premier ministre et le retrait des 13 injonctions qui menacent notre statut.

